Le mouvement « WOKE » antisémite

par Robert Simonnet et Yves de France

 Le mouvement «woke» pourfendeur du «racisme structurel» et des «discriminations systémiques» est soupçonné d’actes antisémites aux USA. Le terme «woke» qui signifie «être éveillé» en argot afro-américain, est inspiré d’un courant d’idées issu de la sociologie critique.


      Selon cette approche, le système social dans lequel nous évoluons favoriserait insidieusement certaines ethnies et plus particulièrement l’ethnie «blanche». Celle-ci est pourtant descendante d’une part de la civilisation gréco-latine, qui tend à élever l’homme intellectuellement, caractéristique d’une société dite évoluée. D’autre part elle est de culture judéo-chrétienne, pour laquelle l’homme s’élève moralement par la somme de connaissances acquises. Les «woke» prétendent, eux, que cette ethnie blanche est à l’origine des disparités sociales dans le monde. Les inégalités, en matière d’accès au logement, à l’emploi et à l’éducation trouveraient leur explication dans une ségrégation raciale de la part des blancs.


        Le problème est que les «woke» passent sous silence le niveau de l’intelligence des différentes ethnies. Drôle de manière de raisonner que celle de rejeter ce qu’on ne peut pas comprendre.


        L’intelligence appelée aussi efficience intellectuelle ou encore efficience mentale est basée sur le raisonnement qui est l’aptitude à résoudre des problèmes. L’intelligence utilise, chez l’individu, le raisonnement pour résoudre un problème précis. Le fonctionnement du raisonnement exploite particulièrement trois supports bien définis, concret, abstrait et verbal, principalement dans trois domaines rigoureux, déductif, inductif et analogie.


 

   Le schéma ci-dessus donne une idée de l’aptitude intellectuelle générale à partir des trois supports de raisonnement concret, abstrait et verbale, et des trois domaines de raisonnement déductif, inductif et analogique.


  L’instinct est une réaction automatique (sans raisonnement) à certains éléments situationnels, il est génétiquement programmé.


     L’Intuition désigne un pressentiment juste, ou un jugement rapide et sûr, est fondée sur des expériences ou des connaissances personnellement acquises sans que la personne en ait explicitement conscience à ce moment (le raisonnement implicite remplace le raisonnement explicite).


        L’âge de raison (7/8 ans): Qui agit conformément au bon sens, d’une manière réfléchie. La pensée enfantine est d’abord prisonnière de l’aspect des données perçues, de leur configuration statique. A ce «stade préopératoire ou intuitif», l’enfant croit qu’un objet qui a changé de forme a changé aussi de quantité, de matière et de poids, etc. La pensée devient ensuite capable, entre 7 et 11 ans, de dépasser la perception grâce à des opérations de classification et de sériation.


    Pour bien penser et bien raisonner il faut prendre conscience de nos sens. Aristote et Saint Thomas enseignent «que toutes les connaissances proviennent des sens, et sont compréhensibles par l’action de notre raison et notre intelligence: Lire pour connaître, connaître pour comprendre, comprendre pour savoir, savoir pour réfléchir.» Si les livres ne constituent pas l’unique nourriture, il convient néanmoins de se plonger dans les classiques et de les transmettre non seulement comme objet d’analyse, mais aussi comme objet d’amour sans oublier de lire ceux des grands saints et des grands docteurs de l’église. Ne pas oublier non plus que Descartes par son esprit cartésien a, en s’attachant à démontrer le rationnel a réussit à démonter l’existence de l’irrationnel.

        Aujourd’hui aux USA on compte beaucoup d’agressions à l’égard des personnes de confession juive. Ces actes antisémites de la part des militants «woke» sont en augmentation constante depuis 2015, alors que le FBI souligne que plus de 62% des crimes de haine contre un groupe religieux en 2019 ciblaient des juifs, alors que ceux-ci représentent moins de 2% de la population américaine.

       Les derniers actes antisémites du mouvement «woke» dénotent une ambiguïté: Ont-ils pour origine «la haine du blanc» ou «la haine de la supériorité intellectuelle»? Il faudrait d’abord lutter contre l’antisémitisme ou contre le racisme ou contre tout autre idéologie menant à des actions violentes contre certaines catégories de la population, ce qui impliquerait de cerner le profil sociologique et les motivations des agresseurs.


         Les personnes juives sont considérées comme étant un groupe sociologiquement favorisé qui n’est jamais sujet à une oppression systémique comme le sont les Noirs ou les Latino-Américains, même si les mesures d’ostracisme qui les ont historiquement touchés (nazisme et stalinisme) ainsi que les quotas qui furent instaurés dans certaines universités des USA en 1920 n’étaient pas suffisantes pour les considérer comme des victimes à part entière.


        Donc à partir d’un fait binaire «dominants-dominés» on peine à concevoir que la «haine», la violence, le racisme et l’antisémitisme puissent émerger d’individus eux-mêmes discriminés et marginalisés. Une autre raison pourrait tenir leur niveau intellectuel bien supérieur à celui de la population des «woke». La posture qui consiste à se placer comme victime d’un complot général est symptomatique de personnes ou groupes sociaux faibles en terme de capacités intellectuelles. Face à l’échec, il est confortable de crier à la machination et rechercher artificiellement des excuses. «Je ne réussis pas à sortir de ma position basse dans la société. C’est donc que les classes supérieures sont machiavéliques et font tout pour me maintenir la tête sous l’eau». De même pour les «woke» qui désignent les méchants coupables et construisent un argumentaire qui leur est favorable selon le raisonnement: les minorités afro-américaines et autres ne parviennent pas à faire carrière, c’est donc la faute aux bancs racistes, en l’occurrence les juifs. Avec un peu de recul historique on constate que l’antisémitisme s’est toujours nourri de la misère sociale, reprenant la méthode classique du bouc émissaire. La victimisation des exclus de l’ascension sociale les dédouane à peu de frais de leur devoir d’œuvrer à leur propre réussite.

      L’expression populaire «Aide toi, le ciel t’aidera», est manipulée par les «woke» pour devenir un slogan bien séduisant «Aidez-nous car nous n’arrivons à rien et vous en êtes la cause». Il apparaît qu’en réalité, il ne suffit pas d’aider, ou d’indemniser en permanence. Ces actions caritatives et sociales mal conduites ont pour effet de déresponsabiliser les personnes et groupes sociaux concernés. La méthode «woke» consiste à dire: «Pourquoi sortir du confort de l’assistanat puisque rien n’est de notre faute?». Leurs actes de violences à l’endroit de ceux qui travaillent et réussissent dans la vie ne régleront rien. Tout au contraire, il faut encourager le développement du PI, ou QI, (potentiel intellectuel) grâce à un système éducatif de qualité, afin de permettre à chacun de s’épanouir lui-même grâce à ses propres efforts. Mais les «wokes» sont-ils prêts à adopter une attitude constructive et reconnaître que l’opposition binaire dominants/dominés ne vient aucunement de différences «raciale» mais de différences de QI et de comportements positifs face à l’adversité?


Mais il faut aussi comprendre les conditions sociales, culturelles et psychologiques du succès du «wokisme» et les raisons de son influence. Le terme «woke» («éveillé»), popularisé par les antiracisme aux USA, c’est avoir «conscience» du schéma de domination appelant à une vigilance et à une lutte permanente contre le soupçon sur la quasi-totalité des certitudes politiques en cours comme le «savoir», qui serait moins le fruit d’une recherche scientifique et universelle de la «connaissance» que celle d’une lutte de pouvoirs. Le langage et la culture sont donc d’emblée suspects, accusés d’être les instruments de pouvoir des «classes dominantes», d’où le rejet de l’idée de «norme» ou «d’idéal», puis de mettre en avant les individus qui sont en dehors de cet idéal en insistant sur leurs souffrances en tant que personnes marginalisées. Sans oublier d’utiliser les réseaux d’information pour survaloriser ces contenus viraux et donc l’émotion et son corollaire inséparable «l’indignation».

      Le tout avec comme toile de fond la logique, de «la logique de la victime» dont le statut s’est sacralisé sur celle de l’honneur. Néanmoins, pour ceux qui veulent approfondir la compréhension des sophismes de la pensée «woke», voire y répondre, il semblerait que l‘un des meilleurs antidotes connus à ce jour reste l’humour, avec une urgence à refermer rapidement cette boite de Pandore. («L’Idéologie woke. Anatomie du Wokisme» et «Face au wokisme», Pierre Valentin)